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Présentation

publié le 29 octobre 2012

Écriture(s) et représentations du langage et des langues






Dates : 25-26 janvier 2013

Lieu : Pôle des langues et civilisations



Responsables : Julie Lefebvre, Université de Lorraine, CREM (EA 3476). Christian Puech, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, UMR 7597


(English version below)

Ce titre en forme de chiasme peut s’entendre en deux sens : l’écriture comme représentation de la langue/ la place des représentations de l’écriture dans la description linguistique. Premier des « outils linguistiques », première « révolution technologique » dans le registre des arts du langage (Auroux 1994), l’écriture apparaît en effet comme la condition même de l’activité métalinguistique qui aboutit dans l’histoire des idées linguistiques à la grammatisation des langues, aux théorisations du langage et des langues, à la naissance des traditions. D’un autre côté, les descriptions linguistiques ont pu au cours de l’histoire et dans des contextes culturels variés accorder à l’écriture une attention spéciale. Laquelle ?

Pour son édition 2013, le colloque annuel SHESL/HTL souhaite revenir sur cette condition - purement empirique - du développement de traditions métalinguistiques certes diverses, mais qui partagent cet enracinement dans des systèmes de notations de la parole. L’objectif du colloque serait donc de revenir sur les représentations que donnent de leur condition de possibilité (l’écriture) les traditions grammaticales et linguistiques à des époques et dans des lieux différents.

Trois axes principaux sont envisagés :



1) La langue, l’écrit, le texte

- L’histoire de l’écriture (Février, Cohen, Gelb...) peut-elle tenir lieu de théorie de l’écriture ?
- Dans quelle mesure les descriptions grammaticales/linguistiques tiennent-elle compte de la différence oral/écrit ?
- Quel rapport entre unités linguistiques et unités graphiques ?
- Le phonème est-il un artefact, produit de la transposition graphique de la parole ?
- Dans quelle mesure la prise en compte des propriétés des espaces graphiques (supports, mises en page, matérialité de la mise en texte, etc.) fait-elle partie de la description linguistique ?
- Dans quelle mesure la distinction langue écrite/langue orale est elle prise en considération dans les descriptions linguistiques ?


2) Diversité des systèmes d’écriture et des systèmes linguistiques
- Diversité linguistique et diversité des systèmes d’écriture (emprunts, adaptations, changements...).
- Typologies linguistiques et typologies des systèmes d’écriture.
- Comment évolue une langue écrite qui n’est plus parlée ?


3) Anthropologie, archéologie, histoire

- Que nous apprennent l’anthropologie, l’archéologie, l’histoire... de l’écriture quant à l’émergence d’une conscience métalinguistique explicite ?
- Quelles différences entre graphismes et écritures ?
- Que change le « passage à l’écrit » d’une langue parlée ?
- En quoi et comment les pratiques de transmission/ acquisition de la literacy ont-elles donné une impulsion à l’émergence de la grammaire ou contribué à leur développement. Sous quelle forme ? Dans ce cadre général, on s’intéressera aux travaux (grammaires, traités, manuels, essais) consacrés à la description et/ou à la théorisation de la langue et permettant d’appréhender, directement ou non, un travail de description et/ou de théorisation de l’écriture. Si les structuralismes linguistiques ont permis de faire émerger une partie de ces questions hors du privilège exclusif accordé auparavant à l’histoire de l’écriture, il nous semble intéressant de faire dialoguer le traitement de la question de l’écriture avec d’autres moments et d’autres traditions de théorisation s’ancrant dans d’autres systèmes d’écriture (logographiques, pictographiques, syllabiques, hiéroglyphiques) et d’autres types de représentations.


Comité scientifique : Sylvie Archaimbault, Emilie Aussant, Bernard Colombat, Charles de Lamberterie, Béatrice Fraenkel, Jean-Patrick Guillaume, Julie Lefebvre, Christian Puech, Irène Tamba, Akira Terada

Comité d’organisation : Sylvie Archaimbault, Michèle Ballinger, Valentina Bisconti, Danielle Candel,Bernard Colombat, Jean-Patrick Guillaume, Julie Lefebvre, Jacqueline Léon, Valelia Muni Toke, Christian Puech, Pascale Rabault-Feuerhahn


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2013 SHESL-HTL conference


Writing and representations of language and languages


Dates : 25-26 janvier 2013

Location : Pôle des langues et civilisations


Julie Lefebvre, Université de Lorraine, CREM (EA 3476).
Christian Puech, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, HTL (UMR 7597).


The title has two possible readings : writing as a representation of language, and the place of writing in linguistic description.
As the first "linguistic tool" and "technological revolution" in the arts of language (Auroux 1994), writing emerges as the very condition for the metalinguistic activity that leads, within the history of linguistic ideas, to the "grammatization" (as per Auroux 1994) of languages, to theories about language and languages, and to the birth of linguistic traditions.
On the other hand, linguistic descriptions throughout history and in different cultural contexts have given a special place to writing. What is that place?
The goal of the 2013 SHESL/HTL annual conference is to reexamine the representations which grammatical and linguistic traditions of different times and places have given to writing.


These questions will be examined through three perspectives :


1) Language, writing, text
- Can the history of writing (J. Février, M. Cohen, I. Gelb...) be seen as a theory of writing?
- To what extent do grammatical or linguistic descriptions take into account the difference between written and oral registers?
- What connection is there between linguistic units and units of writing?
- Is the phoneme an artifact, a product of the graphic transposition of speech?
- To what extent does linguistic description take into account the physical properties of writing (medium, page setting, material quality of the text, etc)?


2) Diversity of writing systems and linguistic systems
- Linguistic diversity and the diversity of writing systems (loans, adaptations, changes...)
- Linguistic typologies and typologies of writing systems
- How does a written language evolve after it is no longer spoken?


3) Anthropology, archeology, history
- What do the anthropology, archeology, history of writing teach us about the emergence of an explicit metalinguistic conscience?
- What is the difference between graphic expression (drawings, signs, cave painting ...) and writing?
- How does the shift to writing affect an oral language?
- How and why have literacy transmission/acquisition practises spurred on the emergence of grammatical texts and descriptions or contributed to their development? In what form?
Within this general framework, we will consider materials (grammars, treatises, manuals, essays) devoted to the description and/or theorization of language and see to what extent they either directly embrace writing, or make it possible to describe and propose theories about writing.
Even though linguistic structuralisms have made it possible for some of these questions to be treated outside of the exclusive realm of the history of writing, it remains interesting to compare the treatment of the question of writing in other time periods and traditions which have strong connections to writing systems (logographic, pictographic, syllabic, hieroglyphic) and other types of representations.



Scientific committee : Sylvie Archaimbault, Emilie Aussant, Jean-Louis Chiss, Bernard Colombat, Charles de Lamberterie, Béatrice Fraenkel, Jean-Patrick Guillaume, Julie Lefebvre, Christian Puech, Irène Tamba, Akira Terada

Organizing committee : Sylvie Archaimbault, Michèle Ballinger, Valentina Bisconti, Danielle Candel, Bernard Colombat, Jean-Patrick Guillaume, Julie Lefebvre, Jacqueline Léon, Valelia Muni Toke, Christian Puech, Pascale Rabault-Feuerhahn