Contenu

Présentation

La Société d’Histoire et d’Épistémologie des Sciences du Langage
Le Laboratoire d’Histoire des Théories Linguistiques (UMR 7597 du CNRS, Université Paris 7)
Avec la collaboration de l’EA 2288 DILTEC (Université Paris 3)

Sous la responsabilité de Jean-Louis Chiss (DILTEC, Université Paris 3) et Dan Savatovsky (UMR 7597, Université de Dijon), avec la participation de Danielle Candel (UMR 7597) et Jacqueline Léon (UMR 7597).

Comité scientifique : S. Archaimbault (CNRS, Paris), S. Auroux (CNRS, Paris), E. Aussant (CNRS, Paris), B. Colombat (Univ. Paris 7), M. Cori (Univ. Paris 10), D. Coste (Univ. Paris 3), P. Desmet (K.U. Leuven), E. Galazzi (Univ. catt. Milano) M. Guiney (Kenyon College, Ohio), D. Kibbee (Univ. of Illinois), D. Kouloughli (CNRS, Paris), C. Puech (Univ. Paris 3).


Colloque annuel SHESL-HTL – les 29 et 30 janvier 2010 à Paris

Institut de Géographie, 191 rue Saint-Jacques, Paris Ve

La disciplinarisation des savoirs linguistiques – Histoire et épistémologie


Le colloque international annuel de la SHESL est consacré en 2010 à la disciplinarisation des savoirs linguistiques, au XIXe et au XXe siècle en particulier, sans exclure cependant des périodes plus anciennes ni la mise en perspective comparative de diverses traditions grammaticales. Par disciplinarisation, on comprend non seulement tout ce qui touche aux conditions et aux formes sous lesquelles se sont stabilisés et transmis les savoirs linguistiques (constitution d’écoles ou de traditions, création de chaires universitaires, de revues spécialisées, de laboratoires, de sociétés savantes, organisation de congrès, etc.), mais aussi ce qui a trait à leur diffusion en dehors de la sphère savante et à leurs « applications » techniques ou sociales. Au confluent des processus de diffusion et d’application, il faut compter au premier chef la didactisation des savoirs de la langue, leur projection dans le champ de l’enseignement, aussi bien primaire et secondaire que supérieur. De façon générale, à côté d’études de type monographique, nous avons souhaité susciter des contributions d’ordre épistémologique et historique sur le sens et la validité de la notion même d’application, telle qu’elle a été et telle qu’elle est encore en usage dans les théories du langage.

Parmi les axes directeurs du colloque, sont retenus :

-  L’organisation du champ des recherches linguistiques dans différents pays ou sphères culturelles et à différents moments (mouvements de pensée, inscription dans des traditions religieuses et philosophiques, constitution de domaines techniques, modes de légitimation universitaires, organisation des cursus d’enseignement supérieur et – pour l’époque contemporaine – structuration des programmes de recherche et des laboratoires, modalités de recrutement des enseignants et des chercheurs en linguistique, etc.). À quoi l’on peut ajouter, parmi les autres facteurs importants de disciplinarisation, l’histoire réflexive de la linguistique, telle que les linguistes et les grammairiens eux-mêmes ont pu l’élaborer à diverses époques et qui est l’un des modes d’accès à la légitimité de la discipline ou de tel ou tel de ses paradigmes ou de ses écoles.

-  Les aspects institutionnels, politiques et sociaux de la professionnalisation de la linguistique, parmi lesquels on aura fait faire un sort particulier aux principaux domaines d’expertise des linguistes en dehors de la recherche fondamentale (politiques et aménagements linguistiques, politiques éducatives, création et développement des « métiers de la langue », etc.) ainsi qu’aux modalités proprement techniques des applications de la linguistique, en matière de traduction automatique, de dialogue homme/machine, de TAL, etc., pour ce qui est de l’époque contemporaine.

-  Une réflexion d’ordre historique et épistémologique sur la notion même d’application de la linguistique et, s’agissant de l’enseignement (langues maternelles et/ou langues étrangères), sur l’applicationnisme – question qui a été largement débattue dans les années 1980-90 et qu’il paraît utile de poser à nouveaux frais.

-  L’étude des effets en retour de la demande sociale sur les programmes de recherche linguistique, notamment – mais pas exclusivement – quand la demande émane de l’enseignement.

SHESL (Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences du Langage)
CNRS Research Group on the History of Linguistic Theories (HTL Group, UMR 7597 – University of Paris 7)
With the support of the Research Group EA 2288 DILTEC (University of Paris 3)

Organized by Jean-Louis Chiss (DILTEC, University of Paris 3) and Dan Savatovsky (HTL, University of Bourgogne), with the participation of Danielle Candel (HTL Group) and Jacqueline Léon (HTL Group)

Scientific Committee : S. Archaimbault (CNRS, Paris), S. Auroux (CNRS, Paris), E. Aussant (CNRS, Paris), B. Colombat (Univ. Paris 7), M. Cori (Univ. Paris 10), D. Coste (Univ. Paris 3), P. Desmet (K.U. Leuven), E. Galazzi (Univ. catt. Milano) M. Guiney (Kenyon College, Ohio), D. Kibbee (Univ. of Illinois), D. Kouloughli (CNRS, Paris), C. Puech (Univ. Paris 3).


SHESL-HTL 2010 Conference – Paris, January 29-30, 2010

Institut de Géographie, 191 rue Saint-Jacques, Paris Ve

The disciplinarization of linguistic knowledge — History and epistemology


The 2010 annual meeting of SHESL (Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences du Langage) is devoted to the historical evolution of linguistic knowledge toward a full-fledged discipline, a process referred to here as disciplinarization. The period under focus spans the 19th and 20th centuries, though reference is made to more remote periods and different linguistic traditions.
Disciplinarization involves a number of issues which relate to the conditions in which the various forms of linguistic inquiry have come to stabilize into a body of knowledge, and to the ways in which this body of knowledge has been transmitted (through the founding of schools and traditions, the creation of university chairs, specialized journals, research teams, academic societies, the organization of conferences, etc.). Due consideration has been paid to :

- The dissemination of linguistic knowledge beyond the academic circle as well as to the various types of technical or social application of this knowledge. In this respect, educational aspects are the most relevant, since they are at the crossroads of dissemination and application. They concern the “projection” of a body of linguistic knowledge to the field of language instruction, be it at primary and secondary school level or in higher education. Beyond educational aspects, beyond monographs on authors or a specific school or tradition, some papers question from a more general standpoint the meaning and the very validity of the notion of application (or applied linguistics), as it has been used (and still is) in theories of language.

- The ways in which linguistic research has been or is organized and structured in different countries and cultures, and at different times (movements and schools, their affiliation to religious or philosophical traditions ; procedures for sanctioning academic achievements ; the structuring of research programs and teams ; recruitment procedures for the hiring of academic staff etc.). To this we may add, as another aspect of disciplinarization, the reflections that linguists and grammarians of all times have conducted on the history of their own field.

- The institutional, political and social aspects of the linguist’s work which are consequent upon the newly emerging status of linguistics as a professional practice. In this respect, the fields to which linguists apply their expertise deserve special attention (linguistic policies and planning, educational policies, the emergence and development of “language professions”, etc.). Of direct relevance too are the various technical applications of linguistics developed in recent times, such as machine translation and man-machine dialogue systems, Natural Language Processing, etc.

- Historical and epistemological reflections on the notion of application itself, and on the “applicationist trend” in the field of language teaching (whether of the mother tongue or of foreign languages). We believe that the latter issue, which was hotly debated in the 1980s-1990s, is worth revisiting. Finally, it may be profitable to examine the repercussions on linguistic research of all forms of social demand, most notably (though not exclusively) when this demand emanates from the educational community.